Le bonheur selon Jésus
« Et,
régnant sur le Tout, il trouvera le repos. » (Évangile selon Thomas[1])
« Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est très difficile de
le trouver en nous, il est impossible de le trouver ailleurs. »
(Bouddha)
La notion du bonheur selon le Jésus
de l’Évangile selon Thomas va en surprendre plus d’un ! Quand on demande à
plusieurs personnes quelle en est leur définition, les réponses sont
généralement : un beau mariage, de beaux enfants, un salaire confortable,
une belle maison, une grosse voiture, des économies, la santé etc. En résumé,
tout cela est lié à des possessions matérielles ou à des relations. En réalité,
l’Homme confond souvent le bonheur, qui est permanent, avec les joies, qui
sont passagères et souvent séparées par des périodes de frustration, voire de
souffrance.
L’état de bonheur que Jésus nous
propose est, quant à lui, un état permanent. Sa conception de la félicité est
mentionnée très tôt dans l’EsT, c’est « le
repos ».[2] De nos jours, on dirait plutôt la sérénité ou le lâcher-prise. C'est en mettant ce dernier en oeuvre que l'on trouve le
bonheur selon notre enseignant. Le Nazaréen insiste sur le fait que celui-ci n’est pas lié à
l’extérieur, aux « objets »[3] ni à autrui,[4] mais
qu’il est intérieur. Ramana Maharshi le
démontre ainsi : « Si un homme croit que
son bonheur dépend de causes extérieures et de ce qu’il possède, il est
raisonnable de conclure que celui-ci augmentera lorsqu’il possédera davantage
et diminuera proportionnellement à la diminution de ses possessions. Par
conséquent, s’il ne possède plus rien, son bonheur sera réduit à zéro. Or qu’est-ce
que l’Homme éprouve en fait ? Est-ce là son expérience ? Dans le sommeil profond,
l’Homme ne possède rien, pas même son propre corps. Et, au lieu d’être
malheureux, il est parfaitement heureux. Chacun désire dormir profondément. La
conclusion en est que le bonheur est inhérent à l’Homme et n’est pas dû à des
causes extérieures ». C’est
là tout le contraire de l’accumulation de biens matériels qui caractérise notre
société.[5]
En fait nos souffrances et nos
malheurs viennent de l’ignorance de notre vraie nature :
les douleurs morales proviennent de notre identification incorrecte à notre
égo,[6]
et les maux physiques de notre identification erronée à notre corps. L’Évangile
selon Thomas nous montre comment aller vers le bonheur véritable et permanent.
Extraits de mon
livre « Explorer son Royaume Intérieur » paru aux éditions Bookelis
[1] EsT logion 2
[2] EsT logion 2
[3] Le mot « objet » doit être pris au sens large, tel que
les sages hindous l’utilisent, et signifie les objets matériels, et immatériels
mais aussi les manifestations du monde extérieur.
[4] EsT logion 60
[5] Cf. logia 36 et 63 de l’EsT par
exemple
[6] Le terme d’égo ici signifie le
sentiment d’exister comme un individu indépendant avec les conséquences qui en
résultent.
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