Les manuscrits de Nag Hammadi


Au total, plus d’une cinquantaine d’écrits ont été retrouvés dans une jarre en 1945 à Nag Hammadi,  dans le sud de l’Égypte, certains d’ailleurs incomplets. Ces textes sont de tendance « gnostique ».[1] Il s’agissait certainement de la bibliothèque d’une communauté chrétienne.

Les Gnostiques représentaient l’un des principaux courants qui se réclamaient de Jésus, au tout début de notre Ère.[2] Leurs croyances s’articulaient autour des concepts suivants :

  • La rédemption par la Connaissance.
  • Le fait de pouvoir trouver le Divin en soi.
  • La perception de Jésus comme un maître de Sagesse et un « éveilleur ».
  • La non-dualité homme/Dieu, homme/femme, extérieur/intérieur, moi/les autres
  • Le rejet du Dieu de l’Ancien Testament, appelé le Démiurge.
  • La vénération d’un Dieu suprême[3]
  • Une dualité entre l’esprit et la matière.

Plusieurs de leurs écrits traitent de la création du monde et de l’organisation des plans supérieurs. Ils étaient très implantés en Égypte, mais aussi en Palestine et en Syrie, et, même à Rome et à Lyon, du premier au quatrième siècle après J.C.

Plusieurs évangiles apocryphes figuraient aussi dans cette fameuse jarre : le célèbre Évangile selon Thomas, l’Évangile selon Philippe et l’Évangile de la vérité, ainsi que des traités comme la Pistis Sophia[4] ou le « dialogue du Sauveur », ce dernier malheureusement très incomplet.

D’autres textes religieux figuraient également dans les codices, des apocalypses, des épîtres, ou bien le « livre de Thomas ». Certains écrits portent des titres hermétiques, comme « L’hypostase des archontes ».

Une copie de « la République » de Platon a même été retrouvée dans la fameuse jarre. On peut d’ailleurs noter des similitudes entre les écrits de Platon et la pensée gnostique.


Platon
Platon (c. -428 ; c. -348)[5]

Ces textes miraculeusement retrouvés servent à éclairer un pan d’ombre du développement des premières communautés chrétiennes. Jusqu’alors, nous n’avions que les écrits « orthodoxes » à notre disposition. Or, la plupart des textes retrouvés sont d’une grande richesse et font écho à nos questionnements actuels.

Extraits de mon livre « Explorer son Royaume Intérieur » paru chez Bookelis





[1] Le terme « gnostique » vient du mot grec « gnôsis » signifiant « Connaissance »
[2] Cette appellation de «  Gnostiques »  est d’invention  récente.  Les membres de cette mouvance se voyaient comme Chrétiens tout simplement.
[3] Appelé le Père dans l’Évangile selon Thomas
[4] La Foi et la Sagesse
[5] Image : Wikipédia

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